Avant-Propos...

Il semble évident qu’internet soit un outil fantastique. La liberté d’expression et le partage rapide, à moindre coût, d’informations riches avec un grand nombre de personnes dans le monde représentent sans nul doute une avancée humaine extraordinaire. Les usages collaboratifs offerts par ce réseau global, basés sur des technologies de plus en plus complexes et paradoxalement de plus en plus accessibles financièrement, se sont merveilleusement développés et démocratisés. Je ne peux que m’en réjouir.

Toutefois, devant la rapidité d’évolution des techniques, accessibles désormais sans connaissances préalables trop poussées, devant l’arsenal sans cesse plus performant en terme d’infrastructures matérielles, devant la richesse des solutions logicielles disponibles, devant l’inventivité fascinante des concepteurs de nouveaux usages interactifs, il est parfois difficile de s’y repérer et encore plus de «suivre». «Cela va trop vite! Après six mois de perte de vigilance on est quasiment largué!» me faisait remarquer un homme politique français.

Pourtant, a-t-on vraiment le choix aujourd’hui? Les entreprises mais aussi les personnages publics en général peuvent-ils encore exister sérieusement, utilement, mener à bien leurs missions, développer leur potentiel et simplement vivre dans cette société aux repères nouveaux sans une adresse mail mais aussi désormais un compte Facebook, un compte Twitter, un compte Skype, des vidéos YouTube et plus simplement un blog ou un site internet? «Bien sûr que oui!», me diront certains! «Tout ça, se sont des effets de mode. Ce n’est pas vital». Peut-être, mais il faut savoir que ceux qui font le choix d’une discrétion absolue et volontaire sur internet, n’y seront sans doute pas moins présents, référencés dans les moteurs de recherche, discutés, «bloggés», «tweetés» et par voie de conséquence, vous en conviendrez avec moi, ils seront fatalement calomniés, honnis ou révérés.

Hélas, le succès de la presse «people» nous le fait souvent cruellement remarquer. Chacun le sait : il est toujours plus «vendeur», au mieux de montrer à la face du monde de véritables misères, au pire d’en inventer par milliers.

Après tout, n’est-ce pas tout naturel pour l’homme libre de s’exprimer dès qu’on lui en donne le droit, par tous moyens à sa convenance afin de faire valoir ses idées, quelles soient bonnes ou mauvaises ? Tout n’est-il pas matière à interprétation et à débat ? La richesse et le sel de la vie ne se retrouvent-ils pas dans l’opposition des forces, l’absence de consensus ? Et puis la Loi est là pour protéger les honnêtes gens et, jusqu’à preuve du contraire, elle devrait également s’appliquer à internet. Quand on voit les sempiternelles condamnations de cette presse «people» qui régulièrement franchi la limite et récidive car économiquement cela reste toujours plus rentable pour elle, on peut en douter. Et ce ne sont pas les timides et toujours trop discrets «droits de réponse» ou obligations de «publications de condamnation» qui peuvent atténuer le mal qui est naturellement déjà fait.

Ces constatations poussent à la réflexion : finalement, l’homme qui choisit de se tenir à l’écart d’internet et des technologies ne se trouve-t-il pas, peu à peu, enfermé lui même, privé de la liberté qu’il n’a laissé qu’aux autres de s’exprimer seuls, à tord ou à raison, sur des sujets qui lui sont parfois les plus familiers comme peuvent l’être des discussions unilatérales sur sa propre personne ?

J’interpelais moi-même il y a quelques années un avocat en découvrant, impuissant, les contrevérités qui étaient consignées sur un blog, à mes dépends: «Mais enfin, Maître, il y a la Loi ! Les gens ne peuvent tout de même pas faire n’importe quoi sur internet !». «Hélas, c’est pourtant bien ce qu’ils font» m’a-t-il répondu tout net: «Ils font n’importe quoi et tout cela selon toute vraisemblance dans une apparente impunité».

Le décor est planté. Tous ceux qui ont été témoins ou victimes de ces faux témoignages, de ces interprétations exotiques en tout genre, de campagnes de dénigrement et de diffamation, d’attaques malsaines ou sournoises qui fleurissent sur internet savent qu’ils n’ont finalement dans leur besace juridique que peu d’outils pour défendre la vérité. Hé oui, la Loi sensée protéger et jouer les gardes fous, de quelque pays soit-elle, a du mal à s’adapter... En d’autres termes, pour elle aussi cela va trop vite.

«Vous vous rendez compte? C’est affreux votre histoire d’internet!» - me faisait encore remarquer ce même homme politique s’estimant lui-même «largué» en matière de technologies numériques alors qu’il venait de découvrir lui aussi les pires abominations à son sujet sur un forum presque anonyme, hébergé sur un serveur anonyme, créé par un anonyme avec des contributeurs presque tous anonymes. «Mais c’est la guerre !».

Non, ce n’est pas la guerre. Je dirais même qu’aujourd’hui vivre de telles expériences sur internet, acteur, victime ou simple témoin, ...c’est commun, ...c’est la vie !

Nous voilà donc tous, fantastiquement «piégés», condamnés à adopter et à faire l’usage régulier de tous ces outils numériques sous peine, non pas simplement de disparaître, ce qui aurait été un moindre mal laissé au libre choix de chacun, mais hélas de prendre le risque de vivre d’atroces souffrances morales en terme d’image, laminé, pulvérisé, anéanti, calomnié, écrasé qu’on peut être, du jour au lendemain, par des flibustiers numériques qui, se faisant, manipulent en un rien de temps avec trois bouts de ficelle, au nom de je ne sais qu’elle prétendue mission de «vengeance masquée», des millions de personnes à travers le monde. Les conséquences sont peu maîtrisables. Oui, ce scénario impossible est désormais possible. Beaucoup en ont fait les frais et, à mesure qu’ils se font distancer par les technologies, à mesure qu’ils se font «larguer» comme le disait pour être plus lapidaire cet homme politique, ils en viennent à trouver tout cela plus inhumain et dangereux que tout autre moyen de communication ayant existé à ce jour.

En réalité, il n’en est rien. Internet, comme beaucoup d’inventions humaines parmi les plus fabuleuses, c’est un peu comme la langue d’Esope : «la meilleure et la pire des choses». Tout dépend, d’une part, de l’usage qu’on en fait et, d’autre part, c’est là à mon sens la véritable nouveauté, tout dépend de la position qu’on adopte devant le développement rapide de ces usages. Une position active ou passive. Là semble être la clé. Tous ceux qui adoptent une position active, pro active même, sous réserve naturellement de ne pas sombrer eux même par naïveté ou par malice dans des opérations peu sincères où la manipulation d’autrui prime, ont tout à y gagner.

Président aujourd’hui de SUPINFO International University et de l’Ecole Supérieure d’Informatique en France depuis plus de dix ans, je n’échappe pas, tout comme les établissements que je possède ou que j’administre dans le monde, à ces nouvelles lois d’internet. Pendant des années, pourtant bien placés pour participer activement et faire l’usage de toutes ces technologies, mes collaborateurs et moi-même sommes restés discrets, publiant simplement, comme tout établissement, notre site Web officiel et réalisant ici ou là quelques campagnes présentant les services que nous proposions. Mais le succès de notre institution en France a eu raison de cette discrétion. Devenus leaders dans notre secteur, de plus en plus de personnes se sont mises à parler de nous et c’est sans doute ce que nous recherchions à travers nos propres campagnes de communication. Tout cela peut être assez «grisant», il faut bien le reconnaître, mais la rançon de l’apparente gloire, à défaut du succès, nous a aussi attiré des trombes de discussions, de commentaires, de «posts», de blogs de «tweets». Certains positifs mais hélas aussi d’autres négatifs, extrêmement négatifs, démesurément négatifs et même pour certains, particulièrement partisans, injurieux, diffamatoires, méchants, inventés, injustes.

Il est évident que personne ne peut s’attendre à faire l’unanimité en matière d'appréciation. En ce qui me concerne, je reconnais aisément des anomalies ou autres erreurs commises dans l’exercice de mon activité professionnelle. Des erreurs qui ont pu jalonner les différentes phases de croissance rapide des établissements que j’administre. Des erreurs, qu’humblement je devrai peut-être reconnaître dans le futur et qui ont probablement un impact sur les prestations que nous offrons aux étudiants et aux entreprises et sur nos relations avec nos fournisseurs. Il est donc tout à fait vraisemblable que nous ayons pu décevoir et je le regrette naturellement. Dans ce sens, il me semble tout à fait naturel et sain que les uns et les autres puissent s’exprimer librement, ouvertement, sur internet et communiquer leurs impressions ce que, contrairement aux esprits chagrins, j’ai toujours respecté. J’ai toujours constaté d’ailleurs comme chacun, que les auteurs de véritables critiques justes et sincères, même sévères, ne ressentent aucune gène à signer officiellement de leurs noms leurs contributions et à agir, eux, à visage découvert. En revanche, je dénonce fermement l’action toujours sournoise et déloyale des auteurs les plus pernicieux, ceux qui, évidemment à visage caché, larvés derrière leur clavier, s’acharnent à collecter, interpréter ou inventer les informations les plus nauséabondes avec des commentaires à charge et presque toujours une réelle intention de nuire.

Dieu merci, pour les lecteurs intelligents, c’est un peu comme s’ils enfonçaient des portes ouvertes. N’est-il donc pas triste et effroyablement inutile de se laisser prendre à ces gabegies intellectuelles? Tous ceux qui accordent une quelconque importance à ces arguments unidirectionnels ne se font-ils pas eux aussi prendre au piège de l'annihilation de leur conscience et de leur temps? N’y a t-il pas mieux à faire pour l’homme que de suivre le fil de ces ragots? N’est-il pas mieux d’être dans la réparation, la construction, bref, l’action? Pour y parvenir, il n’y a pas de raisons d’être «contre». Si tout le monde cherche véritablement l’amélioration, il doit se rendre à l’évidence qu’il n’y parviendra qu’avec des «pour». J’en suis personnellement persuadé.

Voici donc venue pour moi une active dans laquelle ce blog a toute sa place. Il ne s’agit pas ici d’assurer une veille de tout ce qui se dit sur moi ou sur mes activités sur internet afin de «tordre leur cou» en réponse à chaque intervention d’éventuels détracteurs. Au contraire, j’estime que j’ai bien mieux à faire et tant à créer pour occuper mon temps! Non, il s’agit de créer sur internet un espace simple et sincère de communication officielle avec ceux qui souhaiteront engager un vrai dialogue, un vrai partage. Telle est aussi ma liberté d’expression. Une liberté que j’entends faire respecter.

Sans égocentrisme aucun, avec beaucoup d’humilité, je vous invite donc très simplement et sincèrement, à travers ce blog, à partager avec moi des idées, des convictions, des doutes. Autant de sujets qui m’interpellent et qui m’animent dans le cadre de mon activité professionnelle et dans le cadre de ma vie au quotidien.

Ce blog m’est personnel et n’est donc pas à vocation professionnelle. Toutefois, je trouve que mon activité dans le domaine de l’enseignement est absolument extraordinaire et merveilleuse à vivre et je suis, vous vous en doutez, très attaché à la mission qui est la mienne au sein de SUPINFO International University. Au fil du temps, je traiterai donc ici assez naturellement de beaucoup de sujets liés aux secteurs d’activité que je connais le mieux, des secteurs doublement passionnants : l'éducation d’une part mais aussi les technologies de l’information d’autre part. Ne soyez pas surpris si toutefois j’aborde aussi des thèmes plus personnels ou très éloignés de l’enseignement ou de l’informatique. Je le ferai toujours avec beaucoup de passion et d’énergie ce qui se traduira parfois peut-être par quelques «envolées» ou quelques «coups de gueule». Je vous prie par avance de n’y voir aucune agressivité.

A travers une démarche toujours honnête et franche mais désormais active sur internet j’entends par la même occasion rétablir, je l’espère, quelques vérités et donner, à ceux qui s’y intéressent, une image conforme à ce que je suis réellement. C’est à mon sens aussi comme cela qu’il faut «vivre» internet. Non pas simplement en le consommant mais véritablement en y participant, en y contribuant mais de la meilleure façon possible, toujours en conservant à l’esprit la soif de s’améliorer et de progresser. Les plus jeunes générations n’ont pas attendu et ont sur ce point de vraies leçons à donner, dans l’intérêt de tous. A charge pour les plus anciennes, dont je fait peu à peu partie, de mieux les préparer notamment sur le plan comportemental, à l’usage de ces «nouveaux» outils qui sont dès aujourd’hui leur quotidien et demain encore plus leurs créations. Avec ces jeunes, que je vois se renouveler chaque année au sein de SUPINFO International University, j’ai, résolument humaniste, pour habitude de dire moi aussi, bien plus positivement cette fois, que l’impossible est possible.

Je prends déjà beaucoup de plaisir à l’idée de partager ce blog avec vous. Si vous voulez prolonger le débat, je vous invite à m’adresser vos messages à l’adresse alick @ mouriesse.com.

Toujours avec amour et passion,

Alick MOURIESSE

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